
- Renforcer la littératie climatique
- Encourager l’action climatique par la découverte de projets concrets d’atténuation et d’adaptation
- Mettre en avant les des projets structurants porteurs de plusieurs cobénéfices
- Souligner l’interdépendance entre les actions individuelles et collectives
- Transformer la volonté d’action en action concrète
- Réduire la fatigue informationnelle
- Canaliser l’éco‑anxiété en engagement
- Accroître le sentiment d’efficacité collective
- Créer un effet multiplicateur via des relais influents
- Ancrer le discours dans la réalité québécoise
- Valoriser les sources scientifiques crédibles
Nous avons conçu cette activité en pensant à toute sorte d’équipes qui veulent mettre en place des actions favorables à la transition socio-écologique dans leur organisation ou dans leur milieu de vie et souhaitent consolider leur dynamique d’équipe par une activité ludique. Ces équipes peuvent être conformés par:
- Des membres des cellules RSE dans les entreprises et les PME;
- Des membres des équipes-école au primaire et au secondaire;
- Des comités étudiants;
- Des fonctionnaires municipaux;
- Le personnel, bénévoles et partenaires des organismes communautaires et OBNL;
- Le personnel en santé publique;
- Des professionnels et conseillers en développement durable;
- Des citoyens organisés;
- Etc.
Ce jeu coopératif qui vise à encourager les joueurs dans la réalisation de projets positifs dans leur communauté. Les projets identifiés concernent trois types d’organisations: les villes, les entreprises et les établissements scolaires.
Le jeu est inspiré de cas concrets ayant un impact prouvé dans la littérature scientifique sur différentes dimensions de l’action climatique et plusieurs dimensions des Objectifs de développement durable. Ces cas sont illustrés par des exemples existants aux quatre coins du Québec.
La dynamique du jeu est conçue pour aborder une panoplie de notions pédagogiques. Des activités complémentaires pourront être co-conçues avec l’équipe de l’Institut en fonction des objectifs visés par votre équipe et organisation.
Éducation au développement durable
- Crise socio-écologique : comprendre que les crises systémiques progressent si on n’agit pas.
- Limites planétaires / points de bascule : intégrer l’idée de non-retour (on ne “répare” pas tout indéfiniment).
- Objectifs de développement durable (en filigrane) : associer des projets concrets à des objectifs de DD (même si ce n’est pas un quiz, la structure est là).
- Impact différencié : distinguer que tous les projets n’ont pas le même rendement/effet.
Littératie sur les projets collectifs (apprendre “comment on fait”)
- Projet communautaire : raisonner en termes d’action collective, pas d’action isolée.
- Ciblage d’un public : adapter un projet selon le milieu (écoles, villes, entreprises).
- Ressources requises : comprendre qu’un projet dépend de prérequis (humains, matériels, financiers).
- Temporalité du changement : intégrer que ça se fait étape par étape, pas “en un tour”.
Capacité d’agir (empowerment)
- Capacité d’aller chercher des ressources : distinguer “les ressources existent” vs “on a la capacité de les mobiliser”.
- Pensée systémique : voir une communauté comme un système de moyens (réseaux humains + matériel + finances).
Acteurs et rôles (compétences humaines)
- Diversité des expertises : gouvernemental, communautaire, scientifique, communication, générique.
- Mobilisation : comprendre l’enjeu de recruter et maintenir l’engagement.
- Acteurs permanents : symbolisent les personnes qui restent impliquées après un projet (mémoire/continuité).
Obstacles réels et imprévus (gestion du risque)
- Bloquants : accepter que les projets rencontrent des obstacles imprévisibles.
- Typologie des obstacles : obstacles liés aux acteurs, aux finances, au matériel.
- Interprétation mise en contexte : base solide pour discussion/atelier (“qu’est-ce qui vient de se passer?”)
Passage à l’échelle (scaling)
- Projet pilote → déploiement : comprendre la différence entre réussir localement et avoir un impact large.
- Coût du scaling : mobiliser un acteur dédié (choix stratégique, renoncement ailleurs).
- Effets : augmenter l’impact et réduire la crise (dans les limites des points de bascule).
Compétences transversales (soft skills, mais observables)
- Coopération, communication, coordination
- Planification, priorisation, gestion des ressources
- Anticipation + adaptation face à l’imprévu

Projets en milieu scolaire
Un autobus pédestre permet aux élèves du primaire de se rendre à l’école à pied, grâce à l’accompagnement de parents ou de bénévoles de la communauté. La marche, comme les autres transports actifs, ont de multiples bienfaits pour l’environnement. Ils produisent nettement moins d’émissions polluantes que d’autres modes de transport, en particulier les véhicules à un seul occupant. Les transports actifs sont également un élément important de toute stratégie municipale de réduction des émissions de GES ou de plan sur la qualité de l’air. De même, les recherches ont identifié les impacts, souvent délétères, de l’usage généralisé de l’automobile (Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, 2006). Les problèmes de qualité de l’air et l’épidémie d’obésité ont été spécifiquement identifiés à cet effet. La marche comme mode de transport actif devient une solution de santé publique aux problèmes engendrés par la forte motorisation des ménages.
Parmi les différents effets positifs de remplacer les déplacements en automobile par les déplacements à pied, nous pouvons noter :
- Baisse de la pollution atmosphérique : l’un des principaux bienfaits pour l’environnement de l’augmentation des transports actifs est une amélioration de la qualité de l’air. Environ 40% des polluants dangereux dans les zones urbaines proviennent du secteur des transports. (Transports Canada, 2011)
- Réduction des émissions de gaz à effet de serre : en 2006, 25 % des émissions de gaz à effet de serre du Canada étaient attribuables au secteur des transports, les trajets des passagers des zones urbaines étant responsables de près de la moitié du total du secteur des transports (Environnement Canada,2007). Les émissions des GEE sont une source importante de polluants atmosphériques liés au transport, particulièrement de monoxyde de carbone et de composés organiques volatils (80 à 90 % des émissions totales liées au transport). (Santé Canada, 2017)
- Une voiture moyenne rejette environ 0,85 kg de CO2 par kilomètre alors que les transports actifs n’en rejettent pratiquement aucun. Cela signifie que les transports actifs peuvent nettement contribuer à atteindre les cibles relatives à la lutte contre les changements climatiques fixées par tous les ordres de gouvernement. (Transports Canada, 2011)
Les initiatives d’autobus pédestre agissent à l’intersection des milieux scolaires et familiaux, encourageant une pratique favorable à l’environnement et facilitant son adoption. Selon les données du Recensement canadien de 2006, la marche constitue le principal mode de transport actif utilisé pour les déplacements domicile-travail, représentant 6,4 % des travailleurs, contre 1,3 % pour le vélo (Statistique Canada, 2009).
Exemple de projet au Québec
Le Trottibus
Initié par la Société canadienne de cancer et portée actuellement par le moteur de stratégies sociales M361, l’initiative du « Trottibus » est un autobus pédestre qui permet aux élèves du primaire de se rendre à l’école à pied, grâce à l’accompagnement de parents ou de bénévoles de la communauté. Il existe une boîte à outils et 7 étapes pour mettre en place du transport actif vers l’école : l’objectif est de rendre accessible la façon de faire afin que les personnes intéressées aient tout en main pour mettre en place une initiative dans leur communauté en collaboration avec leur école. Une trousse d’outils disponibles en ligne vous permettra de passer à l’action dans votre milieu.
Pour plus d’informations : https://trottibus.ca
Objectifs de développement durable associés au projet

Un jardin pédagogique est à la fois un lieu et un outil éducatif s’adressant tant aux enfants qu’aux adultes et aux communautés (Duchemin, Therriault, Bourdichon et Eck, 2018). Dépassant généralement le cercle de la communauté scolaire, les initiatives de jardins pédagogiques correspondent spécifiquement à des espaces nourriciers aménagés dans des milieux scolaires et des garderies, qui ont pour vocation l’apprentissage et la familiarisation des enfants avec la culture de légumes, de fruits et de fines herbes pouvant être vendus ou consommés (Boulianne et al. 2019 : 4). Le jardin devient un lieu d’échange pour la communauté, où les partages de connaissances sont favorisés (Miller, 2007). Il contribue aussi au développement de préoccupations environnementales dans la communauté et représente une expérience positive avec la nature (Burt et al. 2017 ; Cairns, 2107 ; Miller, 2007).
Les projets se multiplient dans les écoles, les recherches se diversifient et l’intérêt des médias grandit (Bucklin-Sporer et Pringle, 2010 ; Graham et al. 2005 ; Cairns, 2017). Entre 2006 et 2013, la proportion d’écoles publiques détenant un jardin pédagogique aux États-Unis est passée de 11,4 % à 26,6 %1 alors qu’en France, un projet de potagers et jardins pédagogiques a suscité l’intérêt de plus de 10 000 écoles. L’étude de discours sur les jardins pédagogiques réalisée par Cairns de l’Université Rutgers au New Jersey (2017) souligne que ces jardins sont souvent présentés comme des outils d’apprentissage exemplaires. La mise en place d’un potager sera riche en prolongements : observation de la vie végétale, découverte du rythme des saisons, des équilibres au jardin, sensibilisation aux pratiques respectueuses de l’environnement, éveil gustatif, éducation à une alimentation saine et équilibrée, ouverture sur l’histoire et la géographie avec l’origine des légumes et leur arrivée jusqu’à notre table. (GNIS, 2013 p. 4). En reconnaissant les bienfaits et les défis des jardins pédagogiques, l’encadrement des projets pourrait en faciliter le développement (FAO, 2010). L’utilisation d’un jardin comme milieu d’apprentissage contribue aussi à changer les habitudes alimentaires des enfants (Burt et al. 2017 ; Duncan et al. 2016 ; Enciso-Gomez, 2013 ; FAO, 2010 ; Graham et al. 2005 ; Miller, 2007 ; Ozer, 2007).
Selon l’étude de Duchemin et al. (2018), depuis le début des années 2000 le mouvement autour des jardins pédagogiques a pris de l’ampleur. En six ans, le programme a réussi à rejoindre 180 écoles aux États-Unis (Block et al., 2012) et, au Québec, les jardins pédagogiques prennent une place plus importante tant dans les écoles primaires et dans les CPE que dans les écoles secondaires. En effet, le portail de « Cultive ta ville » recense 85 jardins pédagogiques dont la majorité se trouve dans des écoles primaires (Jean et al., 2019). Selon ces auteurs, passer du temps dans les jardins permet de développer les préoccupations environnementales dans la communauté scolaire et procure des bienfaits sur certaines capacités académiques et un développement de soi mis en avant par l’Education Relative à l’Environnement (ERS). Selon Vivre en ville (2022), les jardins pédagogiques peuvent être mobilisés dans une démarche de verdissement de la ville apportant cinq types de bénéfices : environnementaux, économiques, sociaux, psychologiques et de santé physique.
À Montréal, où les projets se développent depuis maintenant plus de trente ans, les initiatives gagnent également les institutions de l’enseignement : universités, lycées, écoles et centres de la petite enfance se joignent au mouvement en contribuant à son développement au sein du tissu urbain. Ainsi, en 2011, vingt projets de revitalisation de cours d’écoles de la Commission Scolaire de Montréal (CSDM) étaient en cours. Qu’il s’agisse de petites surfaces, de jardins sur sol, ou en bacs, les projets réalisés dans les écoles font preuve de créativité et de diversité en termes de fonctionnalité. Elle reste une approche pertinente pour travailler sur les manières d’habiter la ville ainsi que sur l’aménagement urbain (Nahmias, Le Caro, 2012). En 2013, la ville possédait 97 jardins communautaires couvrant plus de trois hectares et 8 500 jardinets, administrés par les arrondissements depuis 2002. Selon les données de la même année, sur dix-neuf arrondissements de la Jégoville, dix-sept mettent à disposition des citoyens des parcelles de terres cultivables (Jégo, 2014).
Exemple de projet au Québec
Les Jardins les patriotes
Initié en 2015 par la directrice adjointe de l’École Louis-Joseph-Papineau, en plein cœur du quartier Saint-Michel, à Montréal ce projet mobilise de nombreux partenariats pour encourager l’agriculture urbaine, l’alimentation durable et le vivre ensemble.
Pour plus d’informations : https://www.cssdm.gouv.qc.ca/nouvelles/jardins-patriotes-louis-joseph-papineau/
Objectifs de développement durable associés au projet

L’approche zéro déchet vise à réduire autant que possible la génération de résidus lors de la conception, de la fabrication, de la distribution et de l'utilisation d'un produit. Cette approche vise à créer une société sans gaspillage grâce à une saine gestion des déchets. Réduire la production de déchets par les consommateurs permet de diminuer la pression sur les systèmes de gestion de matières résiduelles (GMR) ainsi que de réduire la pollution associée à celle-ci, y compris les émissions de gazes à effet de serre (GES). Les producteurs peuvent également adopter une approche zéro déchet dans la conception de leurs produits.
Parmi les raisons pour adopter une approche zéro déchet par les consommateurs se trouvent :
- La réduction des impacts environnementaux causés par les déchets ;
- L’économie d’argent à long terme par l’achat de produits en vrac ;
- L’adoption d’un mode de vie plus sain par l’utilisation de moins d’emballages et de produits plus naturels) ;
- Le soutien aux entreprises locales et responsables.
Les initiatives zéro déchets dans les écoles visent à agir ensemble pour limiter les déchets dans et autour des établissements scolaires et pour en faire des lieux d’exemplarité de la lutte contre les déchets. Plusieurs initiatives sont mises en place dans ce sens dans les écoles ayant pour objectif de :
- Sensibiliser les élèves au mode de vie zéro déchet et leur enseigner des gestes simples de consommation durable ;
- Engager et impliquer toute un établissement dans la réduction des déchets et de l’empreinte carbone ;
- Sensibiliser les familles et les impliquer dans la réduction des déchets.
Adopter une consommation et une production plus durables est un objectif central pour l’action climatique. En effet, selon le rapport 2025 de la plateforme de l’Union Européenne pour l’économie circulaire, l’extraction et l’utilisation des matières premières sont responsables d’environ deux tiers des émissions de gaz à effet de serre et de plus de 90 % de la perte totale de biodiversité, ainsi que du stress hydrique (Circle economy, 2025 : 17). La littérature scientifique associe les approches zéro déchet à des bénéfices environnementaux importants, bien que leurs coûts et leur facilité d’adoption puissent varier selon les contextes sociaux, économiques et territoriaux.
San Francisco, États-Unis
San Francisco pourrait être la première ville de la planète à atteindre l’objectif zéro déchet. Cette ville américaine a divulgué en 2002 son engagement dans une telle démarche, avec comme cible l’année 2020. Ce n’est pas surprenant que s’y trouve le plus grand centre de recyclage au monde. C’est l’entreprise Recology qui est chargée de la GMR des 850 000 habitants. En 2010, la ville de San Francisco a atteint son premier objectif, qui était de détourner 75 % des MR de l’enfouissement. Puis, en 2015, la ville recyclait déjà 80 % des MR générées. (Coste, 2015 ; Observatoire des multinationales, 2014)
Kamikatsu, Japon
La ville de Kamikatsu au Japon a le même objectif que San Francisco, soit de n’éliminer aucun déchet en 2020. Or, son modèle de GMR est différent de celui de San Francisco exposé ci-dessus. Dans cette petite ville du sud du Japon qui compte 1700 habitants, les efforts sont concentrés sur la qualité du tri en vue du recyclage des matières. En 2015, 34 bacs différents étaient mis à la disposition des citoyens. La réaction positive de la population a permis d’augmenter le nombre de bacs à 45 actuellement (Gray, 2017). Initialement réticente à l’idée, la population s’est graduellement habituée et les efforts permettent maintenant de composter, de recycler ou de réutiliser 80 % des MR. Les citoyens ont la responsabilité de nettoyer leurs MR et de les apporter au centre de recyclage où se trouvent les bacs. Sur chacun est indiqué en quel produit la matière sera recyclée et combien la transformation coûtera. (Harmonie Santé, 2017)
Exemple de projet au Québec
Boîte à lunch zéro déchet de l’école primaire de la Clé-des-Champs, à Dunham en Montérégie
L’école primaire de la Clé-des-Champs, à Dunham en Montérégie, se relève les manches pour réduire les déchets issus des boîtes à lunch. Et ça marche ! Le comité d’élèves qui porte le projet fait de la sensibilisation, donne des conseils, aide au triage des détritus et confectionne des sacs à sandwich en tissu pour les 225 élèves de l’école ! Ils ont aussi créé une vidéo de sensibilisation géniale qui met en vedette un cowboy zéro déchet. Résultats : les poubelles ont subi une cure minceur tandis que les habitudes changent au sein de l’école (Unpointcinq, 2019).
Vidéo « Le cowboy zéro déchets »
Défi de la boite à lunch zéro déchet
Organisme qui accompagne ces démarches Zéro déchet à mon école: PurNat
Objectifs de développement durable associés au projet

La compensation carbone permet de compenser les émissions de gaz à effet de serre (GES) qu’on ne peut pas éliminer immédiatement en investissant dans des actions qui réduisent ou évitent ces émissions ailleurs. Ce type de démarche est important pour le climat car il offre un moyen concret de réduire son empreinte environnementale tout en soutenant l’éducation et l’engagement communautaire envers les enjeux climatiques. En plus de compenser les émissions inévitables, ce modèle encourage des habitudes de vie écoresponsables et sensibilise les jeunes générations, renforçant ainsi une transition durable à long terme. Le plus souvent, les organismes qui présentent des initiatives de compensation carbone proposent de payer pour la réalisation d’activités qui pourraient mener à une réduction des émissions de gaz carbonique dans l’atmosphère. Il peut s’agir de plantation d’arbres, de restauration de milieux naturels riches en carbone, de développement de technologies de captation et de séquestration de carbone ou d’investissement dans des projets d’énergie renouvelable. De plus en plus, les écoles s’impliquent dans des projets de compensation carbone.
Exemple de projet au Québec
Carbone Scol’ERE
Il s’agit d’un programme d’éducation environnementale mis en place par l’organisme Coop FA, dont l’objectif est de sensibiliser les élèves de 4e à 6e année au primaire ainsi que leur famille aux enjeux liés aux changements climatiques. Par le biais d’ateliers interactifs, les élèves approfondissent leurs connaissances sur les gaz à effet de serre, adoptent des comportements écoresponsables et participent à la création de crédits carbone éducatifs, une solution unique et innovante de compensation carbone.
Carbone Scol’ERE génère des Crédits Carbone Éducatifs (CCÉ) qui correspondent à des réductions d’émissions de GES obtenues grâce à des changements de comportements mesurables et vérifiables des élèves et leurs familles. Cette approche distinctive de la compensation carbone dans le marché volontaire québécois repose sur une méthode structurée et concrète. Elle contribue non seulement à concrétiser la réduction des émissions, mais permet également de soutenir financièrement des projets dans les écoles.
Site web du projet : https://qc.carbonescolere.com
Site Web de la Coop FA : https://coopfa.com
Autres projets de compensation carbone (en France) : https://www.carbon-compensation.com/compensation-carbone-etablissements-scolaires
Objectifs de développement durable associés au projet

Les frigos partagés constituent un levier concret du développement durable en contribuant directement à la réduction du gaspillage alimentaire, un enjeu majeur sur le plan environnemental. La littérature scientifique montre que le gaspillage alimentaire mobilise inutilement des ressources naturelles importantes (eau, énergie, sols) et génère des émissions significatives de gaz à effet de serre. En facilitant la redistribution de surplus alimentaires encore consommables à l’échelle locale, les frigos partagés permettent de détourner des quantités non négligeables de denrées de l’enfouissement ou de l’incinération, réduisant ainsi l’empreinte environnementale du système alimentaire. Ils s’inscrivent pleinement dans une logique d’économie circulaire, en prolongeant la durée de vie des aliments et en optimisant l’utilisation des ressources déjà mobilisées pour leur production.
Sur le plan social et économique, les études soulignent que les frigos partagés améliorent l’accès à une alimentation de base, notamment pour les personnes en situation d’insécurité alimentaire, tout en réduisant la stigmatisation associée à l’aide alimentaire traditionnelle, grâce à un accès libre et universel. Ils favorisent également la cohésion sociale et la solidarité de proximité, en créant des espaces d’engagement citoyen et de coopération entre habitants, commerces et organismes communautaires. D’un point de vue économique, la récupération et la redistribution des surplus représentent une forme de valorisation des ressources, bénéfique tant pour les donateurs que pour les communautés locales.
Exemple de projet au Québec
Frigo de l’entraide de l’école secondaire De Mortagne
À l’école secondaire De Mortagne, cette initiative permet le partage de nourriture avec des jeunes qui auraient besoin de bonifier leurs repas. Tous les mardis, le Comité d'entraide de Boucherville remplit le réfrigérateur de produits frais. Cette initiative découle de l’accompagnement offert par le Lab 22, un laboratoire d’innovation sociale et environnementale qui déploie une démarche d’accompagnement et de soutien de la transition écologique à l’école. Le Lab22 propose un accompagnement complet qui s’inscrit au cœur du projet éducatif de l’école.
Cette initiative découle de l’accompagnement offert par le Lab22 - Laboratoire d’innovations sociales et environnementales, une organisation qui déploie une démarche d’accompagnement et de soutien de la transition écologique dans les écoles secondaires du Québec. Le Lab22 propose un accompagnement complet qui s’inscrit au cœur du projet éducatif de l’école. En offrant une panoplie de formations et d'ateliers pour les communautés éducatives, l'animation des comités de pilotage, une analyse environnementale complète ainsi que la cocréation d'un plan environnemental structurant, le Lab22 permet aux écoles de transformer leur milieu de manière pérenne, en mettant les élèves au cœur de cette transition.
Pour plus d’information visitez le site de Lab22 : https://www.lab22.org
Objectifs de développement durable associés au projet

Les comités étudiants en changements climatiques, en environnement ou en développement durable, constituent des espaces essentiels de formation, de mobilisation et d’action au sein des établissements d’enseignement. Ils permettent aux jeunes de développer des compétences clés en durabilité pensée systémique, collaboration et leadership. Leur participation active renforce également le sentiment d’efficacité personnelle, un facteur déterminant pour l’adoption de comportements pro-environnementaux selon Bandura (2000). En menant des projets concrets (réduction des déchets, audits carbone, campagnes de sensibilisation), les comités favorisent un apprentissage expérientiel et participatif dont l’efficacité est démontrée dans la littérature en éducation au climat (Monroe et al., 2019).
Au-delà de la formation individuelle, ces comités jouent un rôle stratégique dans la transformation des institutions et des milieux sociaux. Ils agissent comme des incubateurs d’innovation sociale où émergent des solutions locales capables d’influencer les politiques et les pratiques des établissements scolaires. Le GIEC (IPCC, 2022) souligne d’ailleurs que la mobilisation de la jeunesse est un levier majeur pour accélérer les transitions climatiques. En contribuant à instaurer une culture de responsabilité collective et de changement social les comités étudiants deviennent des acteurs indispensables pour renforcer l’ambition climatique et soutenir des transformations durables au sein des établissements d’enseignement.
Exemple de projet au Québec
Le comité en action climatique du collège Durocher Saint-Lambert
Au Collège Durocher Saint-Lambert, les comités d’élèves informent l’ensemble des élèves sur la lutte contre les changements climatiques. Ils se renseignent sur le sujet avec l’aide d’un enseignant avant de se rendre dans toutes les classes pour transmettre ce qu’ils ont appris. Ils se penchent sur le recyclage, le compostage et les bienfaits environnementaux du régime végétalien. Les membres des comités ont eu recours à diverses techniques pour informer leurs camarades, mais ce sont les kiosques d’information, les jeux de simulation et le blogue relatant les activités de l’école qui se sont avérés les plus efficaces (SEPN, 2018).
Des organismes comme la Fondation Monique Fitz-Bach soutiennent et accompagnent la mobilisation des jeunes pour l’environnement grâce à des projets concrets. Chaque année, la Fondation organise notamment le Sommet jeunesse sur les changements climatiques, un événement de deux jours à Québec qui réunit 120 jeunes de 12 à 17 ans de partout au Québec pour échanger avec des expert·e·s et faire entendre leur voix sur les enjeux climatiques. La Fondation Monique-Fitz-Back offre également un programme d’aide financière qui soutient des projets impliquant des jeunes en lien avec les changements climatiques, la gestion des matières résiduelles, l’éducation en plein air et l’engagement des comités scolaires dans des établissements éducatifs aux quatre coins du Québec.
Objectifs de développement durable associés au projet

Projets dans les villes, municipalités et MRC
Cette initiative permet de regrouper toutes les offres de transports alternatifs disponibles sur un territoire au sein d’une plateforme Web unique. Ainsi le covoiturage, l’autobus, le taxibus, le transport adapté, le train, le vélo et le traversier lorsque disponibles, sont aussi plus accessibles pour les utilisateurs. L’utilisation des transports alternatifs à l’automobile à usage individuel apporte de nombreux bienfaits : un transport flexible, des routes moins achalandées, une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de la pollution atmosphérique, des économies mensuelles pouvant être supérieures à 33 % en covoiturant à plusieurs en plus d’avoir du temps disponible pour lire, travailler, se reposer, etc.
Ces alternatives correspondent à ce qu’on appelle le « transport durable » défini comme « un transport qui ne met pas en danger la santé publique ni les écosystèmes et comble les besoins de mobilité tout en respectant les principes selon lesquels les ressources renouvelables sont utilisées en quantités inférieures à leur taux de régénération, et les ressources non renouvelables sont utilisées en quantités inférieures au taux de mise au point de substituts renouvelables. » (OCDE, 2003).
Plusieurs disciplines ont produit des recherches permettant de mieux comprendre les relations entre le transport, la forme urbaine, la santé et le bien-être des populations citadines : la santé publique (Saelens et al., 2003 ; Diez Roux, 2001), l’aménagement (Bachiri et Després, 2008 ; Lee et Moudon, 2006), la sociologie urbaine (Kaufmann, 2008), le transport (Handy, 2005 ; Krizek et al., 2009) et la géographie de la santé (Curtis, 2004 ; Morency, P., & Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal; 2005). Partout au Canada, les transports collectifs deviennent plus écologiques. Entre 2020 et 2022, il y a eu une augmentation de 31 % des autobus électriques, une croissance significative des autobus au biodiesel (+64 %) et des autobus hybrides (+15 %). La pandémie a obligé les pays à s'adapter pour réduire la propagation du virus. Au Royaume-Uni, la marche à pied et le vélo ont été les grands gagnants, avec une augmentation de 20 % du nombre de personnes marchant régulièrement et une augmentation du nombre de cyclistes de 9 % en semaine et 58 % le week-end par rapport aux niveaux antérieurs à la pandémie. Près de la moitié de la baisse des émissions quotidiennes de CO₂ observées lors des confinements mondiaux en 2020 provient de la réduction des émissions liées aux transports. A Paris, hors périphérique, les émissions polluantes ont baissé de 40% en 10 ans. Un résultat impressionnant, dû en grande partie à la réduction du trafic automobile d'après une étude de l'APUR. (Atelier Parisien d’Urbanisme, s.d.).
Les avantages du vélo
Les personnes qui se déplacent quotidiennement à vélo émettent 84 % moins de carbone que les autres. Un citadin qui passe de la voiture au vélo pour un seul déplacement par jour réduit son empreinte carbone d'environ une demi-tonne de CO2 sur une année. Pour une personne passant de la voiture au vélo un seul jour par semaine, la réduction de son empreinte carbone atteignait les 3,2 kg de CO2 ; cela équivaut aux émissions générées par une voiture parcourant 10 km, une portion d'agneau ou de chocolat ou l'envoi de 800 courriers électroniques (Brand et al., 2021).
Les avantages du covoiturage
Le covoiturage peut avoir des impacts significatifs sur la réduction des émissions de carbone, avec des estimations suggérant qu'il peut réduire l'empreinte d'un ménage américain moyen jusqu'à 1 tonne de CO2 par an (Organisation des Nations Unies). En optimisant la capacité, le covoiturage permet de répartir plus efficacement les émissions qui se seraient produites de toute façon, tout en profitant à plus de personnes dans le processus. En plus de la réduction des émissions, le covoiturage peut également entraîner des répercussions sur la conservation de l'énergie. Les chercheurs ont estimé que le covoiturage occasionnel aide les conducteurs de San Francisco à économiser jusqu'à 3,5 millions de litres d'essence par an, réduisant ainsi la dépendance aux combustibles fossiles. Le covoiturage offre également une gamme d'avantages économiques, en permettant aux utilisateurs de partager les coûts de transport tels que le carburant, le stationnement et d'autres dépenses liées à la possession d'un véhicule (Minett & Pearce, 2011).
La réduction du nombre de véhicules sur la route grâce au covoiturage peut avoir une série de co-bénéfices positifs, notamment une réduction des embouteillages, moins d'accidents de la route et une meilleure qualité de l'air. Ces avantages ont été plus apparents pendant la pandémie de Covid-19 et les blocages associés, qui ont entraîné des changements importants dans les schémas de mobilité mondiale. Par exemple, en avril 2020, Montréal a connu une réduction de 75 % de la congestion par rapport à la même période de l'année précédente, tandis que la quantité de CO2 atmosphérique générée par la consommation d’essence a diminué de moitié. Le covoiturage peut offrir des avantages similaires contribuant à des biens sociaux plus larges, notamment la santé publique et l'habitabilité urbaine.
C’est ainsi que le transport collectif multimodal a deux avantages majeurs. D’abord, il rend la gestion des services plus efficaces : l’utilisation d’un guichet unique permet une simplification de la répartition et une réduction des coûts de gestion. Aussi, le multimodal a l’avantage de pouvoir répondre à différents besoins vu la diversité des services offerts (Centre d’expertise en transport intermodal, 2009).
Exemple de projet au Québec
Embarque Lanaudière
Dans le Plan d'action régional de la réduction de la consommation de pétrole de Lanaudière, le covoiturage figure comme l'action la plus facile à implanter à court terme. C'est dans le cadre de ce plan que le projet Embarque Lanaudière ! a été élaboré.
Pour plus d’information : https://embarquelanaudiere.ca
Objectifs de développement durable associés au projet

Une ville éponge est celle qui est aménagée de façon à gérer les eaux excédentaires en période de pluies abondantes ou de fonte des neiges pour prévenir les inondations. En favorisant l’essor des infrastructures vertes de gestion durable des eaux pluviales en milieu bâti, l’eau de pluie est recueillie à la source, là où elle est tombée, plutôt que d’être rejetée vers les cours d’eau. Ces systèmes végétalisés favorisent ainsi la réduction des volumes et des débits de pointe. Les végétaux absorbent une partie de l’eau infiltrée dans le sol soit 15 à 35% du total des précipitations. Celle-ci est soit intégrée à leur biomasse soit transpirée (Brady et Weil, 2002). Des recherches récentes semblent indiquer que les végétaux aideraient à réduire le colmatage des surfaces des systèmes d’infiltration des eaux pluviales (Le Coustumer et coll., 2009).
Un autre apport important de ces systèmes végétalisés, c’est l’amélioration de la qualité des eaux de ruissellement. Les études sur le traitement de l’eau par les diverses pratiques de gestion optimale des eaux pluviales (PGO) végétalisées concluent généralement à l’efficacité de ces dernières pour retirer les polluants, surtout en présence d’un système de prétraitement pour retirer une partie des matières en suspension et pour séparer les huiles (MDDEP, 2011). En effet, outre le sol contenu dans ces PGO, les végétaux participent à l’amélioration de la qualité des eaux pluviales à plusieurs égards. Leurs parties aériennes agissent comme un filtre contribuant à la rétention des matières en suspension (MES) et des matières flottantes. En ralentissant le débit des eaux de ruissellement, les végétaux favorisent une sédimentation plus importante des MES.
La végétalisation des surfaces permet également de réduire les îlots de chaleur (Giguère, 2009; Oke et coll., 1989). Les végétaux, les arbres en particulier, réduisent par leur ombrage les températures de l’air sous leur canopée (Lindberg et Grimmon, 2011; Leuzinger et coll., 2010; Oke et coll., 1989). De plus la transpiration à partir des feuilles et l’évaporation de l’eau à partir des végétaux et du sol ont un effet climatiseur sur l’air ambiant (Hamada et Ohta, 2010 ; Vergriete et Labrecque, 2006).
L’utilisation de systèmes végétalisés contribue aussi à l’augmentation de la biodiversité. D’une part, le seul fait de planter des espèces végétales naturalisées ou indigènes en lieu et place d’une surface non végétalisée contribue à augmenter la biodiversité floristique. Par ailleurs, les espaces végétalisés tant les végétaux eux-mêmes que leurs débris ou même le sol servent d’habitat à une faune variée pour des espèces animales et végétales locales, créant des écosystèmes urbains qui augmentent la résilience écologique.
D’autres bénéfices apportés par ces aménagements urbains c’est l’amélioration de la qualité de vie de ses habitants en apportant des lieux de détente et de promenade et en améliorant la qualité de l’air.
Finalement, en permettant la réutilisation de l’eau et en diminuant le recours aux infrastructures mécaniques, elles réduisent leur consommation énergétique, ce qui limite indirectement les émissions de gaz à effet de serre et permet de réduire l’empreinte carbone des villes.
Plusieurs villes ont déjà mis en place des éléments de ville éponge et constaté des effets positifs. Prenons l’exemple de Wuhan, une des premières villes chinoises à appliquer cette approche. En installant des parcs spongieux et en végétalisant les toits, Wuhan a réussi à réduire significativement les volumes d’eau accumulés en surface après des épisodes de forte pluie. Grâce aux toits et aux parcs végétalisés, la ville a également pu diminuer les effets des îlots de chaleur, offrant à ses habitants des températures plus supportables lors des vagues de chaleur estivales. Après des années de recherche, en 2014, le gouvernement chinois a demandé l’aménagement à l’échelle nationale de villes éponges dans tous les nouveaux développements urbains. En 2022, plus de 64 villes chinoises étaient dotées d’une législation visant à mettre en œuvre les lignes directrices relatives aux villes éponges à l’échelle locale.
En Amérique du Nord, la ville de Portland (Oregon, États-Unis) a constaté qu’après avoir mis en œuvre des stratégies inspirées des villes éponges dans la rue NE Siskiyou, le débit de pointe des eaux de ruissellement avait été réduit de 81 %. Au Nouveau Brunswick, le bassin de rétention des eaux pluviales naturalisé de la rue Lorne à Sackville accroît la résilience de Sackville et de la collectivité face aux changements climatiques de plusieurs façons. Il stocke environ 40 000 pieds cubes d’eaux pluviales, qui sont lentement déversées dans la rivière Tantramar par l’intermédiaire de l’infrastructure existante.
Exemple de projet au Québec
Ville éponge Avenue Papineau
Plus de 35 000 végétaux et 42 bassins végétalisés ont été intégrés à l’avenue et agissent comme de véritables éponges en absorbant l’eau de pluie. À elle seule, cette nouvelle infrastructure verte réussit à détourner près de 100 000 m³ d’eau des égouts. En termes quantitatifs, pour l'ensemble des pluies, plus de 65% des volumes d'eau ont été détournés du réseau unitaire existant. Les données observées du volet « qualité » tendent à démontrer une réelle efficacité des bassins à filtrer les eaux pluviales et à dépolluer le milieu environnant.
Pour plus d’information : https://montreal.ca/articles/avenue-papineau-des-infrastructures-vertes-pour-optimiser-la-gestion-des-eaux-13123
Initiative pour la mise en place de Villes éponge au Québec : https://eponge.org/
Objectifs de développement durable

Le Corridor de biodiversité est un espace naturel protégé sans développement urbain qui contribue à lutter contre les effets des changements climatiques et contre la perte de biodiversité. Il permet aux espèces animales et végétales de bénéficier d’un espace vital pour survivre et se déplacer sans contrainte majeure. Les principaux bénéfices de cette stratégie sont de : connecter les différents habitats naturels, protéger la faune, réduire les îlots de chaleur, améliorer la qualité de l’air et atténuer les risques associés aux inondations.
Les objectifs d’Aichi, un volet clé du « Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 » pour la planète, mentionnent l’importance de conserver les écosystèmes au moyen de réseaux d’aires protégées connectées. Plusieurs initiatives d’identification et de protection de corridors sont en cours au Québec. Le gouvernement provincial a reconnu le maintien de la connectivité comme une action prioritaire dans son « Plan d’Action 2013- 2020 sur les changements climatiques ». Les changements climatiques des dernières décennies ont déjà influencé la biodiversité québécoise. Berteaux et collab. (2014) ont modélisé les niches écologiques de 765 espèces au Québec. Les résultats obtenus prédisent une transformation du patrimoine naturel québécois par un remaniement de la biodiversité qui inclura des extinctions régionales, lesquelles seront compensées par l’arrivée encore plus nombreuse de nouvelles espèces (Berteaux et collab.,2014).
Les corridors écologiques constituent un moyen crucial d’adaptation aux changements climatiques permettant d’atténuer ses impacts et de favoriser l’adaptation des espèces (Monticone, K., 2019). L’augmentation des superficies d’aires protégées et interreliées par un réseau de corridors favorisant le déplacement des espèces est une des solutions d’atténuation et d’adaptation visant à favoriser la survie des espèces dans le contexte des changements climatiques (Auzel et collab., 2012; Batllori et collab., 2017; Bélanger et collab., 2013; Berteaux et collab., 2014; Rudnick et collab., 2012).
Ces corridors peuvent prendre la forme de forêts urbaines, cours d’eau ou toute forme d’écosystèmes interconnectés et continus. Ces écosystèmes apportent de nombreux services écosystémiques. Par exemple, les forêts urbaines régulent le climat, améliorent la qualité de l’air, favorisent la biodiversité et apportent des bienfaits économiques.
Les villes canadiennes étendent leurs forêts urbaines pour lutter contre les changements climatiques et améliorer la santé et la qualité de vie. Les municipalités canadiennes ont recours à tout un éventail d’outils pour évaluer la structure des forêts urbaines. Par exemple, plusieurs grandes villes du pays dont Vancouver, Halifax, Montréal, Ottawa et Winnipeg se sont engagées à augmenter leur couvert forestier de plus de 25 % d’ici 2030. Toronto a même fixé son objectif encore plus haut : 40 % d’ici 2050. Ainsi, avec plus de 11,5 millions d’arbres et environ 1 500 parcs urbains et espaces verts, Toronto a intégré les forêts urbaines dans le tissu d’aménagement urbain en vue de devenir l’une des villes comptant le plus de forêt au Canada. Selon plusieurs indicateurs sanitaires, notamment la santé cardiovasculaire et respiratoire, Toronto est l’une des villes les plus saines au Canada. D’autres villes canadiennes comme Ottawa, Winnipeg et le Grand Vancouver développent et mettent également en place des stratégies de gestion, d’exploitation, d’entretien et de protection pour gérer les espaces verts urbains et profiter pleinement de leurs bienfaits. Il a été prouvé que les services écologiques fournis par les forêts urbaines et les espaces verts améliorent grandement la qualité de vie en milieu urbain tout en favorisant la santé mentale et la promotion de la cohésion sociale (Arbres Canada, 2019).
Exemple de projet au Québec
Corridor de biodiversité de Terrebonne
Le Corridor de biodiversité permet aux citoyens de Terrebonne d’explorer la faune et la flore sur 650 hectares. Espace naturel protégé par la Ville de Terrebonne et par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, le Corridor de biodiversité possède des milieux humides, des forêts et même des zones ouvertes comme des prairies (Brideau, 2026).
Pour plus d’information sur le projet : https://terrebonne.ca/corridor-de-biodiversite/
Outil d’accompagnement : Nature Action Québec, (s.d.) Les corridors écologiques : Solutions naturelles pour la biodiversité et l’adaptation aux changements climatiques, https://nature-action.qc.ca/wp-content/uploads/2022/08/Annexe-3-Fiche-technique.pdf
Visitez aussi le site web : connectiviteecologique.com pour en savoir sur les étapes de mise en œuvre et les autres outils dont vous disposez.
Objectifs de développement durable

Une écoroute d’hiver est une route faisant l’objet d’un mode d’entretien de rechange afin de diminuer les répercussions des sels de voirie sur l’environnement. On procède alors plus souvent au grattage de la chaussée et on privilégie l’utilisation d’abrasifs tels que le sable et les petites pierres. Lorsque les caractéristiques du milieu le permettent, l’implantation d’une écoroute d’hiver offre ainsi une solution avantageuse et en parfaite harmonie avec les principes de la mobilité durable. L’écoroute d’hiver contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre, limiter l’usage de ressources et améliorer la sécurité. Elle inclut notamment : la conduite à vitesse réduite et constante, l’évitement des accélérations brusques, l’entretien préventif du véhicule et l’optimisation des déplacements en période froide. Les écoroutes d’hiver contribuent également réduire la consommation de carburant, particulièrement élevée en hiver en raison du froid, de l’augmentation des frottements et du chauffage du véhicule. Elles permettent aussi de diminuer l’utilisation de sel de déglaçage, qui a des impacts sur les sols, les cours d’eau et la biodiversité.
Pour les automobilistes, l’écoroute d’hiver améliore avant tout la sécurité routière. Une conduite plus douce et anticipative réduit les risques de dérapage, les distances de freinage et les collisions sur chaussée glissante, ce que confirment plusieurs travaux sur la conduite hivernale. Elle engendre également des économies financières : moins de carburant consommé, moins d’usure du véhicule (pneus, freins, suspension) et moins d’accidents (Gouvernement du Québec, 2026).
Exemple de projet au Québec
Municipalité de Saint-Ubalde
La Municipalité de Saint-Ubalde dans Portneuf, en collaboration avec un regroupement de cinq associations de protection des lacs, a intégré au fur et à mesure un peu plus d’une vingtaine de kilomètres d’écoroutes sur son territoire. La Municipalité fait des économies sur les sels de voirie, les routes sont moins grugées par les produits et donc il y a une économie aussi sur l’entretien. Selon le maire de la municipalité, le succès de la mise en œuvre des écoroutes repose sur la collaboration des automobilistes, qui doivent adapter leur conduite à une route laissée sur fond de neige. À Saint-Ubalde, la vitesse est passée de 70 km/h à 50 km/h dans ces portions de route. On répertorie moins de plaintes, d’accidents (Villeneuve, F., 2025).
Objectifs de développement durable associés au projet

Un plan climat est un document de planification d’actions de lutte contre les changements climatiques, sur un horizon de temps défini, priorisées à la suite d’une démarche d’adaptation (appréciation et traitement des risques), d’un inventaire des émissions de gaz à effet de serre et d’une évaluation du potentiel de réduction des émissions. Le plan énonce des objectifs d’adaptation et une cible de réduction d’émissions de GES, en fonction de la période visée.
La mise en place d’un Plan climat permet à la municipalité de cibler les principaux secteurs émetteurs de gaz à effet de serre (GES) : mobilité, bâtiments, gestion des matières résiduelles, aménagement, etc. et de planifier des mesures efficaces pour réduire les émissions. La littérature démontre que les villes dotées de stratégies climatiques obtiennent de meilleurs résultats en matière d’atténuation et contribuent directement aux trajectoires recommandées par le GIEC (IPCC, 2022). Un Plan climat renforce l’adaptation aux risques locaux : îlots de chaleur, inondations, verglas, dégradation des infrastructures et stress hydrique.
De plus, les actions climatiques génèrent de nombreux cobénéfices sociaux : amélioration de la qualité de l’air, réduction du bruit, mobilité active plus sécuritaire, verdissement accru et espaces publics résilients. Les démarches municipales qui impliquent les citoyens renforcent la cohésion sociale et les capacités d’adaptation collective. Les populations les plus vulnérables, aînés, ménages à faible revenu, enfants, bénéficient d’une meilleure protection face aux événements climatiques extrêmes.
L’adoption de Plans climat contribue à la cible 13.2 des Objectifs de développement durable qui consiste à « Incorporer des mesures relatives aux changements climatiques dans les politiques, les stratégies et la planification nationales ».
Exemple de projet au Québec
Plans climat 2026-2030
En 2024, le gouvernement du Québec a annoncé l’attribution de 500 millions pour l’élaboration et la mise en œuvre de plans climat dans l’ensemble des municipalités. Auparavant, cinq villes avaient déjà adopté des plans. L’élaboration des plans est attendue pour 2027 et leur mise en œuvre devrait être avancée en 2030 (Lecavalier, 2024).
Le plan climat de 2016-2020 de la Ville de Montréal avait les objectifs suivants (Ville de Montréal, 2016) :
- Accélérer la transition écologique
- Renforcer la solidarité, l’équité et l’inclusion
- Amplifier la démocratie et la participation
- Stimuler l’innovation et la créativité
Objectifs de développement durable associés au projet

La réduction de la pollution atmosphérique est une action d’une importance vitale pour la société. Une mauvaise qualité de l’air, due aux émissions de gaz à effet de serre, aux particules fines, aux oxydes d’azote et au dioxyde de soufre, représente un risque majeur pour la santé publique et l’environnement. Elle est associée à des maladies respiratoires (asthme, bronchite chronique), cardiovasculaires, et à une mortalité prématurée. Sur le plan environnemental, la pollution de l’air contribue à l’acidification des sols et des cours d’eau, à l’eutrophisation et à la détérioration de la biodiversité, tout en aggravant les changements climatiques par les émissions de polluants précurseurs de GES. Les zones urbaines, fortement densifiées et motorisées, sont particulièrement vulnérables à ces impacts.
Une bonne qualité de l’air améliore directement la santé et le bien-être des populations, en réduisant les maladies respiratoires et cardiovasculaires et en diminuant la mortalité prématurée. Elle favorise également un environnement plus résilient, protège les écosystèmes, les cultures et la biodiversité, et contribue à atténuer les effets des changements climatiques en limitant les polluants atmosphériques. Sur le plan socio-économique, elle entraîne des économies importantes : moins de dépenses de santé, moins d’absentéisme au travail et à l’école, et amélioration de la qualité de vie urbaine. Enfin, des initiatives visant à améliorer la qualité de l’air, comme le transport actif, l’éco-conduite ou la réduction des émissions industrielles, renforcent la transition vers des modes de vie durables.
Exemple de projet au Québec
Plan d'action 2023-2027 de la Ville de Québec pour une saine qualité de l'air extérieur
Plan d’action articulé autour de 7 axes :
- Transport, circulation et transition énergétique
- Combustion du bois
- Chantiers – matériaux en vrac
- Optimisation des visions ou stratégies existantes
- Modélisation et amélioration des connaissances locales
- Gouvernance – Communication
- Liens avec des équipes de recherche
Quelques actions :
- Électrification :
- Flotte du RTC
- Véhicules légers de la Ville
- Bornes électriques en bordure de rue
- Véhicules lourds : exploration de nouveaux équipements moins polluants
- Équipements de balayage des rues
- Évaluation et mesures d’amélioration de la performance du programme
- Analyse des possibilités d’ajout de clauses ayant pour objectif de minimiser la consommation de carburant et favoriser la réduction de GES (ex : véhicules à faibles émissions).
Pour plus d’information : https://www.ville.quebec.qc.ca/apropos/planification-orientations/environnement/air/docs/plan-action-qualite-air-exterieur_2023-2027.pdf
Objectifs de développement durable associés au projet

Projets dans les entreprises
L’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments apporte de nombreux bénéfices environnementaux en plus de réduire les coûts énergétiques et d’améliorer la santé de ses occupants. La plupart des organisations publiques et privées disposent d’immeubles pour leurs opérations. À ce titre, elles peuvent mettre en place un ensemble de politiques et d’outils visant à accroître l’efficacité énergétique et la durabilité des bâtiments qu’elles occupent. Lorsqu’il s’agit de nouveaux bâtiments, ceux-ci gagnent à être construits de manière à réduire les émissions de GES et la consommation d’eau et d’énergie, à améliorer la qualité de l’air et à favoriser la santé et la productivité. De plus, ce secteur aide à créer des emplois verts. Il est aussi possible de transformer les bâtiments existants de manière à améliorer leur performance environnementale, ce qui en fait des investissements intelligents. La construction et les rénovations zéro carbone sont également essentiels à la stratégie de réduction des émissions de carbone des gouvernements, car ils entraînent une réduction des émissions de CO2 en même temps qu’elles contribuent à une augmentation du nombre d’emplois en bâtiment durable et (Conseil du Bâtiment durable du Canada). Des stratégies de financement sont ainsi mises en place par plusieurs paliers gouvernementaux et organismes parapublics pour aider les organisations à appliquer des techniques durables dans l’amélioration de leurs bâtiments, notamment pour améliorer l’efficacité énergétique.
En ce qui concerne la qualité des occupants, les bâtiments durables offrent une meilleure qualité de l’air en raison de leurs plus faibles concentrations de CO2 et de composés organiques volatils (COV). Les études démontrent que les personnes qui travaillent dans des bureaux avec des taux de ventilation plus élevés respirent un air de meilleure qualité, ce qui augmente la productivité et les résultats d’apprentissage.
L’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments qu’elles occupent est une des stratégies gagnantes pour les organisations et les entreprises qui souhaitent agir de manière écoresponsable.
Exemple de projet au Québec
Transformation géothermique par le Karting Château-Richer inc.
Lors d’un agrandissement du bâtiment pour s’adapter aux réalités hivernales avec une flotte réduite et adaptée aux conditions, l’entreprise a opté pour un système de chauffage en géothermie. Ce système exploite la chaleur stable du sous-sol grâce à un circuit de tuyaux souterrains contenant un liquide caloporteur (fluide chargé de transporter la chaleur entre plusieurs sources de température), puis la transfère à l'intérieur. Il est également capable de climatiser en inversant le processus et peut être utilisé pour préchauffer l'eau chaude domestique. Cette option demeure un investissement important, mais semble être la moins énergivore et la moins dispendieuse à long terme. L’entreprise pourra économiser plus de 9 600 $/an en frais d’exploitation, uniquement pour chauffer et climatiser son bâtiment d’accueil.
Explorer plusieurs exemples de solutions énergétiques dans la boîte à outils du Mouvement Entreprises Vertes Québec : https://ieds.ulaval.ca/fileadmin/Fichiers/04-Recherche/Projets/MEVQ/Boite_outils_MEVQ/Fiches_solutions_par_enjeux/Tableau_Energie-MEVQ-143811__1_.pdf
Lien vers la boîte à outils pour d’autres solutions pour les entreprises : https://ieds.ulaval.ca/recherche/mouvement-entreprises-vertes-quebec
Objectifs de développement durable associés au projet

Une initiative écoresponsable très porteuse pour les entreprises consiste à améliorer la gestion de matières résiduelles (GMR). Selon le type de matières traitées par l’entreprise, de nombreuses alternatives sont possibles pour donner une seconde vie aux matières résiduelles par la diminution, la réduction, le réemploi et le recyclage. Depuis plusieurs années les politiques gouvernementales du Québec visent à optimiser la gestion de ces matières résiduelles en encourageant la responsabilisation des producteurs et à mettre en place des procédés technologiques innovants (Garon et coll. 2015). Ces stratégies répondent à un constat majeur : les modes de disposition traditionnellement utilisés, l’enfouissement et l’incinération, entraînent d’importants impacts sur l’environnement comme les émissions de GES, notamment le méthane généré par la biomasse enfuie, la contamination des sols et de l’eau par les lixiviats non traités, le manque d’espace de sites d’enfouissement et la pollution atmosphérique causée par les incinérateurs.
Parmi les matières résiduelles, les matières organiques (MO) constituent une partie importante du volume à traiter. Le Plan d’action 2011-2015 sur la gestion des matières résiduelles du Québec avait adopté comme objectif de recycler 60% des MO et son plan d’action prévoyait de les bannir de l’élimination en 2020 (Robichaud, 2014). Au terme de l’année 2023 et pour une première fois, l’objectif de recyclage de 60 % des matières organiques (MO) identifié dans le Plan d’action 2019-2024 a été atteint (Recycle-Québec, 2023). Cet objectif a été atteint, entre autres, grâce à la mise en place de techniques de recyclage comme le compostage, biométhanisation ou épandage au sol par le secteur municipal, ainsi que le secteur industriel, commercial et institutionnel (ICI).
Mais les avantages de la biométhanisation ne se limitent pas à l’amélioration de la GMR. Selon l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) le biométhane est une solution d’avenir parce qu’il offre simultanément une solution à plusieurs problèmes : réduction des gaz à effet de serre (GES), source de gaz naturel comme alternative au gaz de schiste, gestion des déchets domestiques, source d’engrais pour les terres agricoles et réduction des distances de transport des énergies fossiles. Au Québec, les études démontrent que le biogaz peut remplacer au moins 60 % de la consommation actuelle de gaz naturel. La Suède, le Danemark, la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne et la France, mais également la Chine et le Vietnam, utilisent quotidiennement le biogaz ou le biométhane depuis des dizaines d’années. La Suède est un précurseur dans le développement et la distribution de biométhane. Elle l’utilise entre autres pour alimenter les autobus, les camions de collecte municipale et plus de 40 000 automobiles. De nombreux autres pays de l'Europe produisent du biométhane : l'Allemagne, le Royaume Uni, la France, l'Italie, les Pays Bas, l'Espagne, la Belgique, le Danemark et d'autres. La biométhanisation a été introduite au Québec dans le cadre de la réduction de la problématique des surplus de lisiers de porcs dans certaines régions. Elle est maintenant reconnue pour sa capacité à générer de l’énergie renouvelable à partir de matière organique résiduelle et pour son impact positif sur le bilan des GES (AQLPA, s.d.).
Exemple de projets au Québec
Production de GNR via la biométhanisation par la Coop Agri-Énergie Warwick
Cette première coopérative agricole dédiée à la production d’énergie renouvelable au Québec produit du gaz naturel renouvelable (GNR) à partir de lisiers et de fumiers de bovins laitiers mélangés à des matières organiques résiduelles d’entreprises environnantes. Ce complexe de biométhanisation, construit et opéré par la coopérative de solidarité à but non lucratif Coop Carbone, produit annuellement 2,3 millions de M3 de GNR, l’équivalent de répondre aux besoins énergétiques de 1000 résidences et permet une réduction annuelle de 6 500 tonnes CO2 EQ, l’équivalent de retirer 1 500 voitures à essence de la route. Elle produit également de digestats (matières résiduelles fertilisantes) d’excellente qualité et représente une source additionnelle de revenus pour les producteurs devenant ainsi un exemple concret d’économie circulaire.
Pour plus d’information : https://www.agrienergie.coop
Explorez des exemples de gestion de matières résiduelles dans la Boîte à outils du projet MEVQ : https://ieds.ulaval.ca/fileadmin/Fichiers/04-Recherche/Projets/MEVQ/Boite_outils_MEVQ/Fiches_solutions_par_enjeux/Tableau_Matieres_residuelles-MEVQ-143811__1_.pdf
Objectifs de développement durable associés au projet

L’éco-conception désigne une approche qui intègre la dimension environnementale dès la phase de conception d’un produit ou d’un service. Son objectif est de réduire les impacts négatifs sur l’environnement tout au long du cycle de vie des produits : depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie (recyclage, réutilisation, etc.), en passant par les phases de fabrication, distribution et usage (il en va de même pour les services). L’éco-conception repose sur un principe fondamental : il est plus efficace et moins coûteux de réduire les impacts environnementaux dès la conception, plutôt que de les compenser ou de les corriger à la fin du cycle de vie. Cela inclut des choix réfléchis en matière de matériaux, de procédés de fabrication, de transport, d’emballage et même de conception pour la fin de vie de chaque produit. Face aux défis environnementaux actuels — épuisement des ressources naturelles, pollution, émissions de gaz à effet de serre (GES) — il est indispensable de repenser la manière dont nous produisons et consommons. L’éco-conception offre ainsi une voie concrète pour réduire ces impacts tout en maintenant l’innovation. Pour les entreprises, c’est aussi une façon de répondre aux exigences croissantes des consommateurs, de plus en plus sensibilisés aux enjeux environnementaux.
Exemple de projet au Québec
Éco transformations des emballages alimentaires
Le secteur bioalimentaire génère d'importantes quantités de matières résiduelles au Québec. En effet, près de 3,1 millions de tonnes de résidus alimentaires sont produites annuellement tout au long de la chaîne bioalimentaire, dont environ 1,2 million de tonnes d'aliments comestibles perdus ou gaspillés (RECYC-QUÉBEC, 2022). En parallèle, les emballages constituent un enjeu majeur pour ce secteur. Il est estimé qu'environ 70 % des emballages mis en marché au Québec proviennent de l'industrie bioalimentaire (CQDD, 2023). À l'échelle canadienne, les déchets d'emballages alimentaires représentent environ le tiers des déchets ménagers, alors que seulement 20 % de ces emballages sont récupérés à des fins de réutilisation ou de recyclage (Innovation, Sciences et Développement économique Canada, 2020). La qualité des emballages représente à la fois une garantie de conservation tout au long de la filière, permettant d’éviter et de réduire le gaspillage alimentaire. La réflexion sur comment adopter des emballages écoresponsables, tout en assurant la qualité et la durabilité des produits représente un défi de taille. Le Conseil régional de l’environnement - région de la Capitale Nationale (CRE Capitale-Nationale) accompagne les entreprises du secteur qui souhaitent repenser les emballages de leurs produits dans une perspective de durabilité.
Pour plus d’information : https://www.cre-capitale.org/ecotransformation
Explorez des exemples d’écoconception d’emballages dans la Boîte à outils du projet MEVQ : https://ieds.ulaval.ca/fileadmin/Fichiers/04-Recherche/Projets/MEVQ/Boite_outils_MEVQ/Fiches_solutions_par_enjeux/Tableau_Emballage-MEVQ-143811__1_.pdf
Objectifs de développement durable associés au projet

Un plan mobilité durable ou plan de gestion des déplacements en entreprise offre des bénéfices concrets pour les employés et pour le climat. En proposant des alternatives telles que le covoiturage, le vélo, la marche ou les transports en commun, l’entreprise facilite des déplacements plus sûrs, plus économiques et plus actifs, améliorant la santé, réduisant le stress et renforçant le bien-être des employés. Sur le plan environnemental, ces solutions permettent de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre et la pollution de l’air en limitant l’usage des véhicules individuels. En complément, un tel plan génère des économies pour l’entreprise, réduit la congestion aux abords du site, valorise son image comme employeur responsable et contribue à la transition vers un modèle plus durable et innovant.
Exemple de projet au Québec
Employeurs en mouvement
L’organisme Mobili-T a réalisé des projets de mobilisation d’entreprises dans plusieurs régions du Québec dans le cadre de trois moutures du projet Employeurs en mouvement, déployées successivement à Québec et Lévis (2018-2020), au Bas-Saint-Laurent (2021-2024) et en Chaudière-Appalaches (2023-2025) pour les accompagner à mettre en place des mesures visant à réduire la congestion routière et à favoriser la mobilité durable dans les déplacements générés par les organisations. De nombreuses organisations ont ainsi mis en place des plans de gestion des déplacements comprenant des mesures telles que des rabais aux employés dans leur abonnement au transport en commun, des mécanismes de coordination pour le covoiturage entre employés et des mesures pour faciliter l’accès à vélo au travail.
Ces projets ont généré des retombées concrètes en favorisant le transfert modal de l’auto solo vers des modes de déplacement plus durables, notamment le covoiturage, le transport collectif et le vélo. Ils ont également permis aux employeurs de mettre en place des mesures adaptées à leurs besoins et à leur contexte.
Pour plus d’information : https://mobili-t.com/projet/employeurs-en-mouvement/
Guide de bonnes pratiques à l’intention des générateurs de déplacements https://mobili-t.com/wp-content/uploads/2024/09/Guide_bonnes_pratiques_mobilite_durable.pdf
Plateforme de formation en mobilité durable : https://mobili-t.com/formations/
Pour de l’accompagnement dans une démarche de gestion des déplacements : https://mobili-t.com/
Objectifs de développement durable associés au projet

La mutualisation d’infrastructures ou d’équipement, offre une série d’avantages économiques, opérationnels et environnementaux. En regroupant les opérations logistiques et en utilisant des installations partagées, par exemple pour le transport de marchandises, les acteurs réduisent les trajets inutiles, maximisent le taux de remplissage des véhicules et diminuent les coûts de stockage et de transport. Cela s’aligne avec les principes de la logistique collaborative, qui réduit les coûts d’exploitation jusqu’à 20 % et l’empreinte carbone en optimisant les flux et la charge des véhicules. Sur le plan environnemental, la mutualisation permet de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre, en limitant les kilomètres parcourus à vide, en consolidant les livraisons et en rationalisant les tournées. Une meilleure coordination des flux logistiques grâce à des plateformes partagées ou à des centres de traitement intégrés peut aussi diminuer la congestion routière et les nuisances sonores, tout en favorisant une utilisation plus efficace des ressources logistiques. De plus, des initiatives en circuit fermé — comme le lavage et la réutilisation centralisés de contenants — réduisent la dépendance à des chaînes d’approvisionnement linéaires et contribuent à une logistique circulaire, réduisant ainsi les impacts environnementaux cumulés sur le climat, l’air et les écosystèmes.
Exemple de projet au Québec
Mini-Hub de distribution
Les mini-hubs ou micro-centres de distribution urbaine (MCDU) sont des Espaces de Logistique urbaine structurants: ils sont aménagés pour recevoir un camion lourd. Les marchandises arrivent par palettes ou caissons, sont parfois triées sur place, et transbordées sur les vélos pour être livrées dans la journée. Les pôles de ravitaillement, mini-pôles, ou micro-hubs, de plus petite taille, viennent en complément des CDU, en permettant par exemple aux vélos de ne pas revenir à leur point de départ en faisant étape dans un pôle de ravitaillement. En rapprochant les colis des destinataires, puis en les redistribuant à vélo cargo ou véhicule électrique léger via des partenaires locaux, les ELU permettent de réduire les camions en centre-ville, de fluidifier la circulation et de diminuer les émissions de GES.
Pour plus d’information : https://coopcarbone.coop/espaces-de-logistique-urbaine/
Objectifs de développement durable associés au projet

Réaliser un diagnostic des impacts sociaux, économiques et environnementaux présente de nombreux avantages pour les entreprises privées. Cette démarche améliore la réputation et renforce la confiance des consommateurs et partenaires, qui privilégient les organisations responsables et transparentes. Elle permet également de réduire les risques en identifiant les pratiques susceptibles de générer des conflits sociaux, des sanctions réglementaires ou des crises environnementales. Sur le plan légal, un tel diagnostic facilite la conformité aux normes et obligations croissantes en matière de développement durable. Il contribue à l’optimisation des coûts en révélant des inefficacités, comme le gaspillage de ressources, et encourage l’innovation vers des solutions plus durables. Les entreprises qui s’engagent dans cette analyse bénéficient aussi d’un meilleur accès au financement, car les investisseurs privilégient les acteurs ayant une performance extra-financière solide. En somme, le diagnostic des impacts constitue un outil stratégique pour assurer la pérennité et la compétitivité des entreprises dans un contexte où la responsabilité sociale et environnementale est devenue incontournable.
Exemple de projet au Québec
Créapub
Créapub est une entreprise spécialisée dans les articles promotionnels, les vêtements et les cadeaux corporatifs. En 2024-2025, dans le cadre du projet Mouvement Entreprises Vertes Québec, elle comptait parmi les entreprises qui se sont engagées à passer à l’action en faveur de la transition vers une économie verte. À la suite du diagnostic des impacts sociaux, économiques et environnementaux des activités de l’entreprise, réalisé dans le cadre du projet MEVQ, deux changements ont été apportés :
- Logistique des commandes. Pour les projets spéciaux, l’entreprise a optimisé la gestion de ses commandes auprès de ses fournisseurs. Elle a offert à certains clients la possibilité d’être livrés directement par le fournisseur, sans passer par l’entrepôt de Créapub. Cette approche a permis de réduire de façon significative les coûts de transport et de manutention, tout en diminuant leur empreinte environnementale.
- Emballages et programmes de reconnaissance durables. Dans une optique de réduction de leur impact environnemental, l’entreprise a revu ses pratiques d’emballage et de reconnaissance. Pour les commandes emballées directement chez Créapub, l’entreprise utilise désormais un papier d’emballage qui présente plusieurs avantages.
Pour plus d’information : https://ieds.ulaval.ca/fileadmin/Fichiers/04-Recherche/Projets/MEVQ/Boite_outils_MEVQ/Etudes_de_cas/Fiche_synthese_Creapub-MEVQ-143811.pdf
Objectifs de développement durable associés au projet

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